Les lavoirs

nov 09, 2017 Rubrique: Histoire, Société

Robert DOISNEAU- LE LAVOIR DE LA RUE DES PARTANTS- 1953

Robert DOISNEAU- LE LAVOIR DE LA RUE DES PARTANTS- 1953

La lessive était le travail des femmes : laveuses, lavandières, blanchisseuses et repasseuses. C’était autrefois une tâche  longue  et pénible.

Tout d’abord on passait le linge à l’eau  pour enlever la  poussière ou la boue. Ensuite dans une grande cuve, on le faisait bouillir . On utilisait des cendres qui rendaient la saleté soluble. Le linge  était retiré brûlant et on le mettait à égoutter. Les vêtements  trop sales étaient frottés à la brosse en chiendent, sur une planche.

On le transportait  dans une brouette ou dans des paniers d’osier jusqu’à la rivière ou au lavoir . On le rinçait  alors et  avec un battoir, on évacuait l’eau et on tordait le linge pour l’essorer. . .

A la campagne, on l’étendait sur l’herbe, au soleil. En ville il séchait au grenier ou devant le poêle.

Plus tard on utilisa la lessiveuse et la cendre végétale fut remplacée  par le savon .

Les lavoirs
Pour éviter la propagation de germes à travers les eaux souillées, on a aménagé des lavoirs  dans chaque ville et dans  chaque village. Ils deviennent un espace où l’on se retrouve.

« En 1852, il existait, dans Paris, 93 lavoirs et buanderies, principalement répartis dans les divers quartiers pauvres ».
 » Un grand hangar, monté sur piliers de fonte, à plafond plat, dont les poutres sont apparentes. Fenêtres larges et claires. En entrant, à gauche, le bureau, où se tient la dame ; petit cabinet vitré, avec tablette encombrée de registres et de papiers. Derrière les vitres, pains de savon, battoirs, brosses, bleu, etc. A gauche est le cuvier pour la lessive, un vaste chaudron de cuivre à ras de terre, avec un couvercle qui descend, grâce à une mécanique. A côté est l’essoreuse, des cylindres dans lesquels on met un paquet de linge, qui y sont pressés fortement, par une machine à vapeur. Le réservoir d’eau chaude est là. La machine est au fond, elle fonctionne tout le jour, dans le bruit du lavoir ; son volant ; on voit le pied rond et énorme de la cheminée, dans le coin. Enfin, un escalier conduit au séchoir, au-dessus du lavoir, une vaste salle fermée sur les deux côtés par des persiennes à petites lames ; on étend le linge sur des fils de laiton. A l’autre bout du lavoir, sont d’immenses réservoirs de zinc, ronds. Eau froide. Le lavoir contient cent huit places. Voici maintenant de quoi se compose une place. On a, d’un côté, une boîte placée debout, dans laquelle la laveuse se met debout pour garantir un peu ses jupes. Devant elle, elle a une planche, qu’on appelle la batterie et sur laquelle elle bat le linge ; elle a à côté d’elle un baquet sur pied dans lequel elle met l’eau chaude, ou l’eau de lessive. Puis derrière, de l’autre côté, la laveuse a un grand baquet fixé au sol, au-dessus duquel est un robinet d’eau froide, un robinet libre ; sur le baquet, passe une planche étroite où l’on jette le linge ; au-dessus, il y a deux barres, pour pendre le linge et l’égoutter. Cet appareil est établi pour rincer. La laveuse a encore un petit baquet sur pied pour passer au bleu, deux tréteaux pour placer le linge, et un seau dans lequel elle va chercher l’eau chaude et l’eau de lessive. On a tout cela pour huit sous par jour. »  Zola, Carnets d’enquêtes.

Source: les moulins de Fontaine-Fourche

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